Javascript Menu by Deluxe-Menu.com fable Jean de La Fontaine : Le cierge
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Fable, Jean de La Fontaine, 
Le Cierge,  Livre IX, fable 12 
 

LE CIERGE

C'est du séjour des dieux que les abeilles viennent. (1)
Les premières, dit-on, s'en allèrent loger
               Au mont Hymette, (*)et se gorger
Des trésors qu'en ce lieu les zéphyrs entretiennent.
Quand on eut des palais de ces filles du Ciel
Enlevé l'ambroisie (2) en leurs chambres enclose,
               Ou, pour dire en français la chose,
               Après que les ruches sans miel
N'eurent plus que la cire, on fit mainte bougie ;
               Maint cierge aussi fut façonné.
Un d'eux voyant la terre en brique au feu durcie
Vaincre l'effort des ans, il eut la même envie ;
Et, nouvel Empédocle (**) aux flammes condamné
               Par sa propre et pure folie,
Il se lança dedans. Ce fut mal raisonné ;
Ce Cierge ne savait grain de philosophie.
Tout en tout est divers : ôtez-vous de l'esprit
Qu'aucun être ait été composé sur le vôtre.
L'Empédocle de cire au brasier se fondit :
               Il n'était pas plus fou que l'autre.


Sources : Abstémius (fable 54) - Nevelet : La cire qui déirait devenir dure, p.557 -

(*) note de La Fontaine : Hymette était une montagne célébrée par les Poètes, située dans l'Attique, et où les Grecs recueillaient d'excellent miel.

(**) note de La Fontaine : Empédocle était un philosophe ancien, qui ne pouvant comprendre les merveilles du mont Etna, se jeta dedans par une vanité ridicule, et, trouvant l'action belle, de peur d'en perdre le fruit et que la postérité ne l'ignorât, laissa ses pantoufles (en réalité une sandale de bronze) au pied du mont

(1) Libre adaptation de Virgile
(2) La nourriture des dieux : ici, le miel.

le cierge
Illustration : Gustave Doré
le cierge (chauveau)
Illustration : F. Chauveau

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